Aude, entre terrain et stratégie : le quotidien d’une chargée de projets déchets

Entre gestion de projets, enjeux environnementaux et maîtrise des coûts, ce métier au cœur du service public exige polyvalence et capacité d’adaptation. À travers son parcours atypique, Aude nous plonge dans les coulisses de la gestion des déchets et met en lumière un travail de fond, essentiel au quotidien du territoire.

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Aude, entre terrain et stratégie : le quotidien d’une chargée de projets déchets

Y a-t-il une rencontre ou une expérience qui t'a marqué, qui a marqué ton parcours professionnel ? 
Ma première expérience dans le domaine des déchets, au sein de Nantes Métropole, a été déterminante. 
J’y occupais un poste centré sur l’évaluation des impacts des actions mises en place dans le cadre du Plan Local de Prévention des Déchets Ménagers et Assimilés (PLPDMA).


Cette mission m’a permis de découvrir un univers que je ne soupçonnais pas aussi vaste : prévention, réemploi, collecte, recyclage, valorisation énergétique… 
J’ai également travaillé sur la mesure des impacts de ces actions, qu’ils soient environnementaux, économiques ou sociaux, notamment en termes d’emplois générés.


Ce premier poste a été très enrichissant, car il m’a permis de rendre visibles des effets souvent peu perceptibles au quotidien, et de mieux comprendre les enjeux globaux liés à la gestion des déchets.

 

Comment ton parcours a-t-il préparé au poste que tu occupes aujourd’hui ? 

De manière assez inattendue ! Mon parcours est plutôt atypique. Après le bac, je me suis orientée vers un master en biologie et santé environnement, avec une première expérience en laboratoire, centrée sur les bactéries et les parasites.
J’ai ensuite souhaité élargir mes horizons et me rapprocher davantage des enjeux environnementaux. J’ai donc poursuivi avec un second master en sciences de la santé, de l’environnement et des territoires soutenables, intégrant une dimension en sociologie et en sciences politiques.
Ce double parcours m’apporte aujourd’hui une vision globale : des compétences techniques issues de la biologie, mais aussi une sensibilité aux enjeux humains, notamment le bien-être des habitants et l’impact des politiques publiques sur le territoire.

 

Quelle mission te demande le plus d’adaptation ?
La gestion de projet, sans hésiter.

Elle demande de jongler entre plusieurs dimensions : financière, juridique, technique, mais aussi humaine. Il faut coordonner les prestataires, répondre aux attentes des élus, prendre en compte les besoins des habitants, tout en respectant les objectifs de la collectivité.

Trouver le bon équilibre entre tous ces paramètres nécessite une grande capacité d’adaptation et une bonne compréhension des différents points de vue.


 

 

Comment expliquerais-tu ton métier à un enfant ?
Je dirais que j’aide à faire en sorte que les poubelles soient mieux utilisées.
Mon rôle, c’est de faire en sorte que ce qu’on trie puisse être transformé en nouvelles choses, plutôt que d’être simplement jeté. L’objectif, c’est de mieux trier et de donner une seconde vie aux déchets.
 
 

Un projet collectif dont tu gardes un bon souvenir ?
La mise en place de la tarification incitative sur mon ancien poste.
C’était un projet d’envergure, impliquant de nombreux acteurs : élus, services internes (notamment les finances), prestataires (communication, collecte, logiciel), secrétaires de mairie…
Ce projet m’a particulièrement marquée par la richesse du travail collectif. La coordination et l’intelligence collective ont été essentielles pour le mener à bien.

 

En quoi ton travail a-t-il un impact direct sur le territoire, les habitants et les usagers ?
Mon travail a d’abord un impact direct sur le coût du service. La gestion des déchets fonctionne avec un budget annexe qui doit être équilibré. Plus les habitants trient, plus la collectivité bénéficie de soutiens financiers, notamment via Citeo. Cela permet de compenser une partie des dépenses et de maintenir des tarifs maîtrisés, sans augmentation depuis plusieurs années sur le territoire.

Il y a aussi un impact environnemental important : un meilleur tri et une meilleure gestion des déchets contribuent à un cadre de vie plus propre et à la réduction des dépôts sauvages, notamment grâce à la diversification des déchets acceptés en déchetterie.
Enfin, cela joue sur la qualité du service rendu, avec une volonté constante d’optimisation pour proposer un service plus simple, plus efficace et mieux adapté aux besoins des habitants.
 


Quelle est la partie la plus méconnue de ton travail ?
Le volet administratif et juridique.

On pense souvent que les collectivités agissent librement, mais en réalité, nous devons respecter un cadre réglementaire strict. À cela s’ajoute toute la gestion budgétaire, avec un budget annexe à équilibrer et la recherche de financements.

On ne se rend pas toujours compte de l’ampleur de ce travail administratif, car c’est surtout le volet terrain qui est visible au quotidien. Pourtant, cette dimension est essentielle au bon fonctionnement du service, même si elle reste largement méconnue du grand public.


Si ton métier avait une couleur ?
Je dirais un vert… mais un vert nuancé, comme un vert sapin.
Une couleur qui reflète à la fois l’environnement, mais aussi la complexité des enjeux et la nécessité de trouver des équilibres.
 

Ton métier ressemble-t-il à un marathon, un sprint ou un relais ?
À un relais. De la prévention au réemploi, puis à la collecte, au recyclage et enfin au traitement, chaque étape s’enchaîne. On se transmet le relais, en veillant à assurer la continuité de l’ensemble du processus.
 

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui débute dans ce domaine ?
Ne pas avoir peur du terrain. C’est le meilleur moyen de comprendre les réalités concrètes et d’adapter les actions en conséquence. Il faut aussi rester ouvert et ne pas se limiter à l’aspect technique : les dimensions juridiques, financières et humaines sont tout aussi importantes. En somme, un gestionnaire de projet c'est une personne qui est pluridisciplinaire. Il y a à la fois comptable, technicien, animateur.

Si ton métier était un sport et un plat ?
En sport, ce serait le handball : un sport collectif, qui demande coordination, réactivité et esprit d’équipe.
En cuisine, ce serait une soupe de légumes : un mélange d’éléments différents qui, ensemble, créent quelque chose de cohérent et efficace.

Quel conseil donnerais-tu à ton “toi” d’il y a 10 ans ?
De faire confiance à mon parcours. Même s’il peut sembler atypique, chaque étape a du sens. La diversité des expériences est une vraie force, notamment dans un domaine aussi transversal que l’environnement. Croiser les disciplines permet d’avoir une vision plus complète et de mieux comprendre les enjeux dans leur globalité.
 

 

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